05 octobre 2015

CCFD

Réfugiés en Europe :
appel à la mobilisation de chacun

S’ouvrir à l’autre et tout spécialement à celui qui appelle au secours. Nous sommes tous concernés : les chrétiens y reconnaissent une invitation à se faire le prochain du « blessé de la route ». 


Tous nous y découvrons le principe vital de la solidarité : Croire que mon bonheur dépend un peu du souci de l’autre et que le bonheur de l’autre dépend un peu de mon souci. 

Au cœur de nos peurs, dans le brouhaha des discours manipulateurs, au-delà des difficultés matérielles et des efforts que demande tout accueil, développons :
  • le refus de l’inacceptable dès que la dignité d’une personne est en jeu !
  • le « geste qui sauve » aussi modeste soit-il !
  • le souci de l’éveil aux comportements solidaires !
  • l’exigence citoyenne en appelant à lutter contre les causes des injustices


Elles sont le résultat de déséquilibres mondiaux, des inégalités et des échecs et de l’incapacité de la communauté internationale à construire un ordre mondial juste et de véritables politiques de paix au Proche-Orient et en Afrique notamment. Le CCFD-Terre Solidaire participe depuis plus de 50 ans à cette action.

Chacun, chacune, nous pouvons rejoindre ceux et celles qui sont déjà à l’action. C’est pourquoi le CCFD-Terre Solidaire appelle ses 15 000 bénévoles et plus largement tous les Français à agir.

Célébrons, dans nos mairies comme dans nos églises ces gestes de courage. Ils font moins de bruit que les harangues haineuses de ceux qui veulent « jouer » sur nos peurs et trafiquer notre conscience.

La vie est là à travers les visages, les larmes, les sourires, les bras, l’intelligence de ceux et celles qui appellent au secours.

Et si c’était mon frère, ma sœur ? Et si c’était moi ?


Guy Aurenche,
Président du CCFD-Terre Solidaire

02 octobre 2015

MESSES EN SEMAINE

NOUVEAU !


À partir du 14 Octobre, 





Messes tous les Mercredi soir 

à 18h30 

en l'église St Georges de Bouffémont


PARTAGE N° 161

Réfugié qui es-tu ? 

Elle est née en 1921 près de la frontière belge. Fille unique, elle vit chez ses parents, commerçants, avec sa grand-mère quand éclate la seconde guerre mondiale. Son père, sachant qu'il sera mobilisé, a tenu à ce qu'elle ait son permis de conduire. C'est bête cette précision en 2015 mais replongeons nous en 1939. La femme ne peut pas ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de son mari. Très peu d'hommes ont leur permis de conduire, encore moins de voiture. Alors une femme, une jeune fille de 18 ans, mais ça ne se conçoit pas ! 

Mai 1940, son père est sur le front près de Dunkerque, les trois femmes vivent seules à Roubaix. Sa maman, avec son aide, essaie de tenir l'épicerie tant bien que mal mais c'est bien difficile de se faire respecter.


Elle voit de plus en plus de voisins faire leur baluchon et prendre la route, à pied, à vélo, en carriole : ils partent.
Elle a 19 ans. Elle se souvient de ce que son père lui a dit avant de partir. "Je te confie ta maman et ta grand-mère. Tu ne dois jamais les abandonner !" Elle voit même des familles entière, du bébé à l'aïeul, venant de Belgique et de plus loin qui marchent, marchent et s'en vont vers l'ouest, le sud de la France. 
Elle a 19 ans. Elle est désemparée. Elle voit la tristesse dans les yeux de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants qui ne font que passer devant l'épicerie de ses parents.

Elle a 19 ans. C'est décidé, elle charge la voiture des choses vitales pour la route. Elle fait monter dans la voiture sa mère, sa grand-mère de 78 ans. Elle vont quitter leur nid. Elles vont quitter leur maison. Elles vont quitter leur famille. Elles vont quitter leurs amis. L’envahisseur est déjà en Belgique. Les bombes commencent à pleuvoir. L'inconnu est préférable à la mort. Elles seront de cet exode car elles ont peur et elles veulent vivre. 

Qui n'a pas connu une maman telle que la mienne ? Notre pays s'est agrandi, grâce à la paix, nous vivons maintenant en Europe, c'est vraiment magnifique. A la frontière de l'Europe pleurent des enfants, des femmes, des hommes à cause de leur religion mais Dieu n'est pas cruel !


Sachons accueillir ces êtres qui frappent à notre porte. Nous n'avons pas le droit de les laisser souffrir. 

Françoise BEAUMONT

01 octobre 2015

LETTRE DE NOTRE EVEQUE


Lettre aux catholiques,
et aux hommes et aux femmes
de bonne volonté du Val-d’Oise

UNE INVITATION
À PARTAGER SUR L’ESSENTIEL

A chacun et chacune d’entre vous, j’adresse mes fraternelles et chaleureuses
salutations ! Nous savons tous combien il est important de nous
situer dans une histoire. Savoir se souvenir permet de regarder sereinement
notre présent. La Bible invite à faire ce travail de mémoire tout en donnant
des clés pour envisager l’avenir. Or, la communauté des catholiques en
Val-d’Oise, dont je suis l’évêque, fêtera en octobre 2016 ses cinquante
années.
Profitant de cette occasion exceptionnelle, j’adresse à tous une invitation
fraternelle à vivre un temps de pause pour partager sur l’essentiel.

Pour beaucoup d’entre nous, en particulier ceux qui vivent des expériences
douloureuses, l’urgence au coeur du quotidien prend une forte
dimension. Certains sont marqués par la maladie, le handicap, la
précarité sociale ou financière. Pour ceux qui ont la chance de vivre une
situation de vie plus stable ou plus sécurisée, il arrive que les aspects
matériels de l’existence préoccupent davantage que le reste. En fait, qui
que nous soyons, il nous est rarement donné de nous interroger sur
nous-mêmes.

« Qu’ai-je à offrir de mes qualités et de mes talents ? », « Quel est le
sens de ma vie telle qu’elle est aujourd’hui ? », « Qu’est-ce qui, chaque
matin, me met debout et me pousse à avancer ? »… Autant de questions
souvent enfouies en nous, au risque de les oublier !

Les occasions sont nombreuses, aujourd’hui plus que jamais, d’être jetés
dans des activités très prenantes, parfois simplement par nécessité
d’ordre professionnel. Ainsi, l’angoisse de nos questions les plus
profondes est alors rejetée au plus profond de nous-mêmes sans être
apaisée. Faire la paix commence par soi-même, et contrairement à ce
que l’on pense communément, ce n’est pas la plus facile des démarches
(cf. Pape François, Le visage de la miséricorde).

Des espaces d’écoute et de dialogue

Hommes et femmes, chrétiens ou non, ouverts aux questions du sens,
j’aimerais que l’année qui vient soit consacrée à ce partage sur cet
« essentiel » qui anime nos vies.

Pour vivre ce partage, j’engage vivement les catholiques à ouvrir des
espaces d’écoute, d’échange et de débat. Les chrétiens se rassemblent
en particulier autour de l’Evangile, coeur de l’enseignement de Jésus,
pour écouter cette Parole dont ils affirment qu’elle est vivante et produit
du fruit !

Se rassembler autour de cette Parole peut donner l’occasion aux catholiques
du Val-d’Oise d’inviter très largement : voisins, amis, collègues...

Qu’ils n’aient pas peur d’aller bien au-delà de ceux qui se reconnaissent
dans la foi chrétienne mais ont pris de la distance avec elle ou avec
l’Eglise. Que ce désir de partage les pousse également vers ceux qui
cherchent, qui s’interrogent, qui professent d’autres religions ou qui n’en
professent aucune mais sont intéressés par le dialogue et l’action au
service du bien commun.

En l’année 2015-2016, c’est l’Evangile de saint Luc que nous sommes
invités à entendre. Il nous parle avec bonheur d’un Dieu qui vient en
l’humanité pour prendre soin des plus fragiles : prisonniers, estropiés du
corps ou de l’âme, désespérés, déshérités... (cf. Luc 4). Et il invite l’homme
à vivre en frère de ses semblables, à se faire le prochain de tous !

L’Evangile qui vous sera offert vous donnera, je l’espère, l’occasion de
partager autour de quelques passages-clefs, choisis avec soin, donnant
ainsi la parole à chacun, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne.

Chers amis, c’est une large et généreuse invitation que je vous adresse.
Vivons cette nouvelle année dans un souci renouvelé de nos liens, du tissu
relationnel dont nos existences sont faites et dont dépend un vivre-ensemble
respectueux et semence d’espérance !

Si les catholiques vous invitent ainsi à partager une parole libre en
prenant pour point d’appui l’Evangile, ce n’est pas dans le but de forcer
les libertés, encore moins pour faire du prosélytisme ! Mais comme une
occasion, pour chacun, de dire ce qui le fait vivre. Ce dialogue concerne
tous les âges, et j’invite les jeunes en particulier à ne pas craindre de s’y
risquer. De leur capacité à comprendre le point de vue de l’autre dépend
en partie l’avenir de la paix que nous avons tant de mal à préserver.

Des chantiers communs d’avenir

L’actualité de notre monde nous entraîne vers quelques grands chantiers
communs. Pouvons-nous demeurer insensibles aux négociations internationales
sur le climat (COP 21) qui nous ouvrent à la question de l’avenir
de notre monde ? Ensemble, nous pouvons réfléchir à des solutions
concrètes pour changer nos modes de consommation, afin qu’ils
deviennent plus respectueux de l’environnement et inscrivent notre civilisation
dans un développement vraiment durable.

Souci du plus fragile et souci de la terre constituent en effet, dans la
démarche du « jubilé », deux facettes d’une même attitude. L’encyclique
du pape François Loué sois-tu nous y encourage. Elle souligne que le
respect envers cette terre, qui est notre maison commune, devrait
s’étendre à tous les êtres vivants, à commencer par nos frères humains,
dont aucune souffrance ne peut nous laisser indifférents.

Malgré les turbulences dans lesquelles nous sommes collectivement
entraînés, les tentations de crispations identitaires, un monde qui paraît
de plus en plus complexe et mouvant, nous sommes d’abord invités à
aimer ce dernier, à l’aimer tel qu’il est, à l’aimer sans complaisance et
sans pessimisme.

C’est la première condition pour re-choisir ensemble de l’habiter et
comment l’habiter. Nous avons peu d’occasions d’exprimer notre gratitude
pour les opportunités que nous donne ce monde, pour les relations
qui nous unissent. Elles sont une occasion unique de changer nos
coeurs, de prendre la pleine mesure de l’autre. Le Val-d’Oise, terre de
migrations, est un lieu où le vivre ensemble a besoin de s’inventer dans
un dialogue où aucune bonne volonté ne saurait être exclue. L’histoire
riche de notre département s’écrit dans la diversité et les rencontres de
peuples venus de tant de lieux ! Qui pourrait nier cette incontestable
richesse ?

Que nous ayons à ce point besoin les uns des autres ne me semble pas,
bien au contraire, décourageant. Le dialogue et le partage dans le
respect resserreront, j’en suis sûr, nos liens fraternels. Ces liens sont
précieux et indispensables à l’avenir de notre monde.


Vendredi 25 septembre 2015






+ Stanislas LALANNE
Evêque de Pontoise pour le Val-d’Oise